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Ah les radios au lit

Depuis les origines, le problème des radios au lit du patient complique les relations entre les cliniciens et les radiologues.

Je me souviens d’une anecdote vécue dans les années 1970-80: je travaillais à cette époque dans un grand chu de l’est parisien dans le service de Neuroradiologie. C’était à ce moment là la gloire du polytome, tomographe fabriqué par Massiot (philips). Nous avions comme clients , épisodique, le service d’orthopédie, en particulier pour les exploration du rachis. Un jour, je reçois la demande, urgente, d’une exploration tomographique au lit. Flairant l’embrouille, je téléphone à l’infirmière responsable du malade, qui m’assure que considérant que son patient est intransportable compte tenu des traction et autre plaisanterie, son interne insiste pour que cette radio, se fasse au lit. Je demande donc à parler à l’interne, lui dit que ce type d’exploration ne peut ce faire au lit, il persiste et me menace des pires turpitudes administratives. Gardant mon sang froid, je lui rétorque que je ne refuse pas de faire cette exploration dès lors que le tomographe sera monté autour du patient, lui recommande de téléphoné au constructeur, et lui signale en passant de faire renforcé la dalle de la salle de son patient, l’engin pesant plus d’une tonne…

Dans l’affaire qui suit , elle relève du même ordre, Il s’agit de Tuffier, célèbre chirurgien qui travaillait à cette époque à Beaujon

Lettre de Tuffier au Directeur Général

Le 6 mai 1902

« j’ai en ce moment dans mon service 9 malades atteints de fractures graves qu’il est nécessaire de radiographier dans leurs lits (souligne)
le laboratoire que vous m’avez imposé à Beaujon ne peut faire le travail, je vous demande vu l’urgence,  l’état ultérieur de mes malades peut dépendre de votre réponse, de faire ces radiographies spéciales par m. Dagincourt et cela a titre exceptionnel
.”
Veuillez recevoir …..

Bien sur ce courrier va suivre la voie administrative, donc il va passer entre les mains du maitre des requêtes du Service de Santé, aujourd’hui, on dirait entre les mains du directeur de la politique médicale.Une proposition de réponse, non sans vérification idoine va intervenir au cabinet du directeur 4 jours plus tard.

Note au directeur du chef de la division le 10 mai /1902

Il résulte des renseignement téléphonique que je reçois du directeur de Beaujon que m. Krouchkoll (chef du laboratoire de m; le dr Bazy, déclare formellement n’être pas outillé pour pouvoir opérer au lit des malades.
Dans ces conditions … autoriser m. Dagincourt à procéder….

Notre généraux et attentif directeur fera répondre par son Maitre des requetes 4 jours plus tard au directeur de Beaujpn:

le 14 /05 1902

M; le dr Tuffier a demandé de faire radiographier dans leur lit 9 malades atteint de fractures graves le dr Bazy, ayant déclaré formellement n’être pas outillé pour pouvoir opérer au lit de malades … autorise le dr Tuffier de faire appel à m. Dagincourt pour faire radiographier les dits malades.

il sera alloué une indemnité de 10 fr , ne pourront excéder le chiffre de 9

Il a fallu 8 jours pour que la décision soit prise, avec un temps de réaction de 4 a chaque palier. Tuffier a eu gain de cause, pas mon interne. Pourtant faire de la radioau lit au début du XX siécle n’était chose aisée, il fallait transporter les accus, la bobine, le tube et son pied, l’interrupteur, faire le montage au lit du patient, ce n’était pas une chose triviale que d’entreprendre ce type de radiologie. sans compter que les temps de pose était largement supérieur à la minute

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